Aller au contenu principal
CBAM, cinq mois après : comment les directions achats absorbent le surcoût carbone

CBAM, cinq mois après : comment les directions achats absorbent le surcoût carbone

29 mai 2026 23 min de lecture
CBAM MACF : analyse détaillée de l’impact sur les achats et l’approvisionnement, surcoûts carbone, conformité réglementaire, TCO et extension aux plastiques et produits chimiques pour les directions achats.
CBAM, cinq mois après : comment les directions achats absorbent le surcoût carbone

CBAM MACF impact achats approvisionnement : où se crée réellement le surcoût carbone

Le CBAM MACF impact achats approvisionnement se mesure désormais en euros très concrets sur vos lignes de coûts. Avec un prix du carbone européen qui se répercute via le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, les directions achats voient la facture des produits importés grimper bien au delà des variations classiques de prix matières. Le sujet n’est plus théorique pour les entreprises importatrices de marchandises intensives en émissions de CO₂.

Sur l’acier importé, un surcoût d’environ 153 euros par tonne pour un prix de 800 euros illustre brutalement comment la tarification carbone européenne se traduit dans les contrats d’approvisionnement. Ce différentiel, calculé à partir d’ordres de grandeur publiés par des acteurs spécialisés comme empreinte-carbone.org et cohérents avec les niveaux récents du marché carbone de l’Union européenne (EU ETS autour de 60–70 €/tCO₂ début 2024), est directement lié aux émissions importées, valorisées au prix moyen de la tonne de CO₂. Pour un directeur achats, ce CBAM MACF impact achats approvisionnement transforme la structure du TCO et impose une nouvelle lecture des valeurs de coûts unitaires.

Les six familles de produits importés couvertes par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières – acier et fer, aluminium, ciment, engrais, électricité, hydrogène – concentrent l’essentiel du risque immédiat pour les importateurs. Les marchandises importées issues de ces secteurs supportent désormais l’achat de certificats CBAM, indexés sur le prix du carbone européen, avec des quotas d’émission implicites qui redessinent les écarts de compétitivité entre zones géographiques. Dans ce contexte, l’impact du MACF sur les achats et l’approvisionnement devient un levier stratégique pour arbitrer entre fournisseurs européens et extra européens.

Les directions achats doivent intégrer que le mécanisme CBAM n’est pas un simple reporting supplémentaire, mais un véritable ajustement carbone qui renchérit certains produits importés tout en rendant plus attractives des alternatives européennes. L’Europe de l’Est devient ainsi plus compétitive face à la Chine sur l’aluminium et l’acier, car les émissions importées depuis l’Asie génèrent davantage de certificats MACF à acquérir. Ce déplacement du centre de gravité du marché impose de revisiter les panels fournisseurs et les stratégies de sourcing global.

La Commission européenne a conçu ce dispositif pour limiter les fuites de carbone et aligner les importateurs sur des obligations proches de celles des industriels soumis à l’échange de quotas d’émission (EU ETS). Les entreprises qui importent des marchandises couvertes doivent donc assumer un nouveau statut de déclarant, avec des obligations de collecte de données d’émissions et d’achat de certificats MACF en cohérence avec les quotas d’émission européens. Pour un responsable achats responsables, le CBAM MACF impact achats approvisionnement devient un test grandeur nature de la maturité RSE de la fonction.

Cinq mois de phase financière : qui paie quoi, et sur quels produits

Après cinq mois de phase financière, le CBAM MACF impact achats approvisionnement révèle une réalité simple : la facture se concentre sur quelques familles de produits, mais elle est loin d’être marginale. L’acier, l’aluminium et les engrais représentent la majorité des surcoûts carbone, car leurs émissions importées par tonne sont élevées et les volumes de marchandises importées restent structurants pour l’industrie européenne. Les directions achats qui n’avaient pas anticipé ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières le ressentent déjà dans leurs budgets.

Sur l’acier et le fer, le surcoût de l’ordre de 19 % lié au prix carbone appliqué aux émissions importées bouleverse les business cases d’achats hors Union européenne. Les certificats CBAM à acquérir pour ces produits importés reflètent la différence entre les quotas d’émission théoriques et les émissions réelles, ce qui renforce l’intérêt de fournisseurs capables de fournir des données d’émissions précises. Les importateurs qui restent sur des valeurs par défaut voient mécaniquement leur CBAM MACF impact achats approvisionnement augmenter.

Pour l’aluminium, la combinaison d’un prix de l’énergie élevé et d’un marché carbone européen exigeant rend les fournisseurs européens de l’Est soudainement compétitifs face aux producteurs asiatiques. Les marchandises importées depuis des pays à forte intensité carbone supportent davantage de certificats MACF, ce qui renchérit le prix final pour les entreprises clientes. Les directions achats qui avaient massivement délocalisé leur sourcing hors Europe réévaluent donc leurs panels fournisseurs à la lumière de ce nouveau prix carbone.

Les engrais et le ciment subissent eux aussi un CBAM MACF impact achats approvisionnement significatif, même si les volumes importés sont parfois plus concentrés sur certains secteurs comme l’agroalimentaire ou la construction. Les importateurs de ces marchandises doivent gérer un double enjeu de conformité réglementaire et de maintien de la compétitivité prix sur des marchés très sensibles aux hausses de coûts. L’exemption prévue par le règlement CBAM pour les importateurs dont le volume annuel reste inférieur à 50 tonnes par type de marchandise, telle que mentionnée dans le règlement d’exécution (UE) 2023/1773, limite l’exposition des plus petits acteurs, mais laisse pleinement concernées les grandes entreprises industrielles.

Les directions achats du secteur public doivent en parallèle intégrer ces surcoûts dans leurs stratégies de passation, en lien avec les seuils des marchés publics et les règles de concurrence. Un responsable achats qui pilote des appels d’offres pour des travaux ou des fournitures industrielles doit désormais intégrer le prix carbone CBAM dans l’analyse du TCO, au même titre que les coûts logistiques ou les risques de change. Sur ce point, un guide pratique sur les seuils des marchés publics permet de sécuriser l’articulation entre contraintes CBAM et procédures de mise en concurrence.

Enfin, la perspective d’une extension programmée du mécanisme aux produits chimiques et plastiques, annoncée dans les documents de travail de la Commission européenne et dans le règlement (UE) 2023/956, ajoute une couche supplémentaire au CBAM MACF impact achats approvisionnement. Les entreprises qui importent déjà des précurseurs chimiques ou des résines plastiques doivent anticiper un futur prix carbone intégré dans leurs coûts d’approvisionnement. Ignorer cette trajectoire reviendrait à sous estimer gravement les valeurs futures de TCO sur des segments critiques.

Renégocier, réallouer, relocaliser : comment absorber le surcoût dans le TCO

Face au CBAM MACF impact achats approvisionnement, la première tentation consiste à renégocier brutalement les prix avec les fournisseurs extra européens. Cette approche purement prix montre vite ses limites, car le mécanisme d’ajustement carbone repose sur des règles européennes communes qui laissent peu de marge de manœuvre sur la composante carbone. La vraie question devient donc : où et comment absorber ce surcoût dans le TCO global.

Une première stratégie consiste à exiger des données d’émissions primaires auprès des fournisseurs, afin de remplacer les valeurs par défaut souvent pénalisantes. Les entreprises qui parviennent à collecter des données d’émissions vérifiées peuvent réduire le volume de certificats CBAM à acheter, ce qui diminue directement le CBAM MACF impact achats approvisionnement. Cette approche suppose un travail de fond sur la relation fournisseurs et sur la capacité à auditer la qualité des données.

Une deuxième voie est la réallocation des volumes vers des fournisseurs situés dans des pays où la tarification carbone locale est déjà alignée sur celle de l’Union européenne. Dans ce cas, le mécanisme CBAM reconnaît les efforts déjà réalisés et réduit le nombre de certificats MACF nécessaires, ce qui améliore le prix final des produits importés. Les directions achats peuvent ainsi arbitrer entre un prix facial plus élevé mais une moindre charge carbone, et un prix initial bas mais fortement renchéri par le carbone aux frontières.

La relocalisation partielle de certains flux vers des fournisseurs européens devient également une option crédible, surtout pour l’acier et l’aluminium. Le marché carbone européen et l’échange de quotas d’émission ont déjà incité ces industriels à réduire leurs émissions, ce qui se traduit par un meilleur profil carbone intégré dans le prix. Pour un responsable achats responsables, ce CBAM MACF impact achats approvisionnement est l’occasion de repositionner la stratégie sur la création de valeur durable plutôt que sur le seul cost killing.

Les directions achats doivent aussi revoir leurs modèles de calcul du TCO pour intégrer explicitement le prix carbone CBAM, les coûts de reporting et les risques d’amende en cas de non conformité. Le règlement CBAM prévoit en effet des pénalités financières pouvant atteindre un ordre de grandeur de 100 à 200 euros par tonne de CO₂ non déclarée ou sous déclarée, selon l’article 26 du règlement (UE) 2023/956, ce qui rend tout manquement au reporting immédiatement destructeur de valeur, bien au delà du simple surcoût de certificats. L’article sur la bascule des métiers achats illustre à quel point le rôle de l’acheteur se déplace vers la gestion de risques réglementaires et climatiques.

Enfin, la renégociation contractuelle doit intégrer des clauses spécifiques liées au CBAM MACF impact achats approvisionnement, notamment sur le partage des risques de variation du prix carbone. Les entreprises peuvent par exemple indexer une partie du prix sur le cours du marché carbone européen, tout en encadrant les écarts par des bandes de fluctuation. Ce type de mécanisme contractuel protège à la fois les importateurs et les fournisseurs contre des chocs trop brutaux.

Conformité CBAM : transformer une contrainte réglementaire en avantage compétitif

Le CBAM MACF impact achats approvisionnement ne se limite pas à un sujet de coûts, il redéfinit aussi la conformité réglementaire des directions achats. Les entreprises importatrices deviennent des acteurs à part entière du mécanisme d’ajustement carbone, avec un statut de déclarant qui engage leur responsabilité juridique. Ignorer cette dimension reviendrait à sous estimer un risque de non conformité majeur.

Les obligations CBAM imposent aux importateurs de marchandises couvertes de collecter des données d’émissions détaillées, de les consolider dans un reporting structuré et de les rapprocher des certificats MACF détenus. Ce reporting CBAM doit être cohérent avec les autres dispositifs de conformité, notamment la CSRD et les exigences de transparence sur la chaîne de valeur. Sur ce point, l’analyse proposée dans l’article sur le value chain CAP et les demandes fournisseurs éclaire bien la convergence entre reporting extra financier et CBAM MACF impact achats approvisionnement.

La Commission européenne a mis en place un registre MACF dans lequel les entreprises doivent déclarer leurs importations, leurs émissions importées et les certificats CBAM correspondants. Ce registre MACF devient un outil central de pilotage pour les directions achats, qui peuvent y suivre l’évolution de leurs obligations et de leurs quotas d’émission implicites. Les entreprises les plus matures utilisent déjà ces données pour orienter leurs décisions de sourcing et optimiser leur exposition au prix carbone.

La conformité CBAM exige aussi une gouvernance claire entre les équipes achats, finance, RSE et logistique, afin de sécuriser la chaîne de traitement des données d’émissions. Les responsables achats responsables se retrouvent souvent en première ligne pour structurer la collecte des données auprès des fournisseurs et pour vérifier la cohérence des valeurs remontées. Ce CBAM MACF impact achats approvisionnement renforce donc la dimension transverse et stratégique de la fonction achats.

Les fuites de carbone, c’est à dire le déplacement de la production vers des pays moins exigeants en matière de quotas d’émission, sont au cœur de la logique du mécanisme CBAM. En alignant la tarification carbone des produits importés sur celle du marché carbone européen, l’Union européenne cherche à neutraliser cet avantage compétitif artificiel. Les directions achats qui anticipent cette logique peuvent transformer une contrainte de conformité en avantage compétitif, en sélectionnant des fournisseurs déjà engagés dans la réduction de leurs émissions.

Enfin, la préparation des premières déclarations annuelles prévues en mai impose dès maintenant de structurer les processus internes, les outils de collecte de données et la documentation des choix méthodologiques. Les entreprises qui traiteront le CBAM MACF impact achats approvisionnement comme un simple exercice déclaratif risquent de subir des redressements coûteux et des sanctions financières. À l’inverse, celles qui en feront un levier de pilotage carbone de leur supply chain renforceront leur crédibilité auprès de la Commission européenne et de leurs parties prenantes.

Anticiper l’extension aux plastiques et produits chimiques : stress test pour la supply chain

L’extension programmée du mécanisme CBAM aux produits chimiques et plastiques va amplifier le CBAM MACF impact achats approvisionnement sur un périmètre beaucoup plus large de catégories. Les chaînes d’approvisionnement qui reposent sur des résines, solvants, additifs ou précurseurs chimiques importés seront directement exposées à un nouveau prix carbone. Pour un responsable achats responsables, cette perspective agit comme un stress test grandeur nature de la résilience de la supply chain.

Les produits importés de la chimie et des plastiques présentent souvent des chaînes de valeur complexes, avec des émissions réparties entre plusieurs étapes de transformation. Collecter des données d’émissions fiables auprès des fournisseurs de rang 1 ne suffira plus, il faudra remonter plus loin dans la chaîne pour éviter des valeurs par défaut pénalisantes. Ce CBAM MACF impact achats approvisionnement va donc accélérer la professionnalisation des démarches de traçabilité et de cartographie des risques fournisseurs.

Les entreprises qui importent des marchandises à forte intensité carbone dans ces segments devront revoir leurs stratégies de panel fournisseurs, en privilégiant les acteurs capables de documenter précisément leurs émissions. Les certificats MACF associés à ces nouveaux flux viendront alourdir la facture si les données d’émissions restent approximatives ou non vérifiées. Les directions achats ont donc intérêt à engager dès maintenant un dialogue technique avec leurs fournisseurs stratégiques pour préparer cette extension.

Sur le plan économique, l’ajustement carbone appliqué aux produits chimiques et plastiques risque de rebattre les cartes de la compétitivité entre régions. Les pays où la tarification carbone est déjà en place ou en cours de renforcement pourraient bénéficier d’un avantage relatif, car le mécanisme CBAM reconnaît les efforts déjà consentis. Le CBAM MACF impact achats approvisionnement deviendra alors un critère clé dans les analyses de make or buy et dans les décisions de relocalisation partielle de certaines productions.

Les obligations de reporting CBAM s’étendront mécaniquement à ces nouvelles familles de produits, ce qui augmentera le volume de données à traiter et la complexité du registre MACF. Les entreprises devront adapter leurs systèmes d’information achats pour intégrer ces nouvelles catégories, suivre les certificats CBAM associés et sécuriser la cohérence des déclarations. Les responsables achats responsables qui auront anticipé cette montée en charge disposeront d’un avantage opérationnel net.

Enfin, cette extension renforcera le lien entre CBAM MACF impact achats approvisionnement et stratégie RSE globale, car les plastiques et produits chimiques sont déjà au cœur des débats sur l’empreinte environnementale. Les directions achats qui sauront articuler réduction des émissions, innovation matière et sécurisation des coûts carbone créeront un véritable différentiel de compétitivité durable. À l’inverse, celles qui resteront sur une approche défensive subiront une double peine en termes de coûts et d’image.

Préparer la déclaration annuelle de mai : feuille de route pour les directions achats

La première déclaration annuelle CBAM prévue en mai agit comme une date butoir pour structurer le CBAM MACF impact achats approvisionnement au sein des organisations. Les directions achats ne peuvent plus se contenter d’un pilotage artisanal des certificats et des données d’émissions, sous peine de dérives financières et de risques de non conformité. Il est temps de bâtir une feuille de route claire et opérationnelle.

Premier chantier, la gouvernance : il faut clarifier qui porte le statut de déclarant CBAM au sein de l’entreprise, comment les rôles se répartissent entre achats, finance, RSE et douanes, et qui valide les données avant transmission au registre MACF. Sans cette gouvernance, le reporting CBAM restera fragile et exposé aux erreurs, alors même que les amendes pour émissions non déclarées peuvent atteindre des montants proches de 100 à 200 euros par tonne, conformément aux fourchettes prévues par le règlement (UE) 2023/956. Le CBAM MACF impact achats approvisionnement impose donc une professionnalisation rapide de la fonction de déclarant.

Deuxième chantier, les systèmes d’information : les entreprises doivent adapter leurs outils achats et logistiques pour tracer les marchandises importées couvertes, associer les données d’émissions correspondantes et suivre les certificats CBAM consommés. L’objectif est de disposer d’une vision consolidée par produit, par fournisseur et par pays d’origine, afin d’optimiser l’allocation des certificats MACF et de réduire les coûts. Sans cette base de données robuste, le CBAM MACF impact achats approvisionnement restera subi plutôt que piloté.

Troisième chantier, la relation fournisseurs : il s’agit de contractualiser la fourniture de données d’émissions, de définir des formats standard et de prévoir des audits ponctuels pour sécuriser la fiabilité des informations. Les fournisseurs qui refusent de partager ces données ou qui fournissent des valeurs peu crédibles deviendront progressivement des maillons faibles de la chaîne d’approvisionnement. Les directions achats devront alors arbitrer entre maintien de la relation et bascule vers des partenaires plus transparents.

Quatrième chantier, la formation des équipes achats et supply chain, qui doivent comprendre les mécanismes de prix carbone, de quotas d’émission et de tarification carbone aux frontières. Sans cette montée en compétence, le CBAM MACF impact achats approvisionnement restera perçu comme une contrainte administrative, alors qu’il s’agit d’un levier stratégique pour sécuriser les coûts et réduire les risques. La pédagogie interne est donc un investissement indispensable pour réussir la première déclaration annuelle.

Enfin, cinquième chantier, la simulation prospective : les directions achats doivent modéliser différents scénarios d’évolution du prix du carbone, d’extension sectorielle du mécanisme et de réallocation des flux d’importation. Ces simulations permettront d’anticiper l’impact sur le TCO, de prioriser les projets de relocalisation ou de changement de fournisseurs et de nourrir le dialogue avec la direction générale. Le CBAM MACF impact achats approvisionnement devient ainsi un outil de pilotage stratégique à part entière.

CBAM MACF impact achats approvisionnement : vers une nouvelle grammaire de la performance achats

Le CBAM MACF impact achats approvisionnement oblige les directions achats à redéfinir leurs indicateurs de performance au delà du simple prix unitaire. La performance se mesure désormais en combinaison de coûts, d’émissions évitées et de maîtrise des risques réglementaires liés au mécanisme d’ajustement carbone. Cette nouvelle grammaire bouscule les réflexes historiques de négociation centrés sur le court terme.

Les KPI achats doivent intégrer explicitement le prix carbone CBAM, le volume de certificats MACF consommés, le niveau de conformité des données d’émissions et le taux de couverture des marchandises importées par des fournisseurs disposant de reporting fiable. Les entreprises qui suivront ces indicateurs de manière fine pourront piloter leur exposition au marché carbone européen et optimiser leurs arbitrages de sourcing. À l’inverse, celles qui resteront sur des indicateurs purement financiers perdront en lisibilité et en réactivité.

La notion de valeur achats évolue également, en intégrant la capacité à réduire les fuites de carbone et à sécuriser la conformité vis à vis de la Commission européenne. Un panel fournisseurs bien structuré devient un actif stratégique, capable de limiter le recours à des valeurs par défaut pénalisantes et de réduire le besoin en certificats CBAM. Le CBAM MACF impact achats approvisionnement met ainsi en lumière la contribution directe des achats à la trajectoire climat de l’entreprise.

Les directions achats les plus avancées commencent à intégrer le CBAM dans leurs stratégies de SRM, en co construisant avec leurs fournisseurs des plans de réduction d’émissions et de transparence des données. Cette approche collaborative permet de diminuer progressivement les émissions importées et donc le coût des certificats MACF associés, tout en renforçant la résilience de la supply chain. Le mécanisme CBAM devient alors un catalyseur de transformation plutôt qu’une simple taxe.

Sur le plan organisationnel, le CBAM MACF impact achats approvisionnement renforce la légitimité des responsables achats responsables au sein des comités de direction. Leur expertise sur les enjeux de carbone, de quotas d’émission et de tarification carbone aux frontières devient indispensable pour éclairer les décisions d’investissement et de localisation industrielle. La fonction achats sort ainsi de la seule logique d’exécution pour s’affirmer comme un acteur clé de la stratégie climat.

Enfin, cette nouvelle grammaire de la performance impose une transparence accrue vis à vis des parties prenantes internes et externes, qu’il s’agisse des équipes opérationnelles, des investisseurs ou des régulateurs. Les entreprises capables de démontrer un pilotage rigoureux de leur CBAM MACF impact achats approvisionnement renforceront leur crédibilité et leur attractivité sur un marché où la maîtrise du carbone devient un avantage concurrentiel décisif. Celles qui tarderont à s’adapter risquent au contraire de voir leur coût du capital et leurs coûts d’approvisionnement converger à la hausse.

Chiffres clés sur le CBAM et l’impact carbone dans les achats

  • Le surcoût lié au CBAM sur l’acier importé atteint environ 153 euros par tonne pour un prix de 800 euros la tonne, soit une hausse de l’ordre de 19 %, selon les calculs publiés par empreinte-carbone.org et mis à jour en avril ; ce ratio illustre l’ordre de grandeur du CBAM MACF impact achats approvisionnement sur les matières premières intensives en carbone.
  • Six secteurs sont actuellement couverts par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières – acier et fer, aluminium, ciment, engrais, électricité, hydrogène – ce qui concentre le risque CBAM sur les chaînes d’approvisionnement industrielles les plus émettrices de CO₂ dans l’Union européenne.
  • Les importateurs de marchandises couvertes qui restent en dessous du seuil réglementaire d’environ 50 tonnes par an et par type de produit bénéficient d’une exemption CBAM, conformément aux dispositions du règlement d’exécution (UE) 2023/1773, ce qui limite l’exposition des plus petits acteurs mais laisse pleinement concernées les entreprises industrielles et les grands donneurs d’ordres.
  • Les amendes en cas de non déclaration ou de sous déclaration des émissions importées peuvent atteindre un niveau proche de 100 à 200 euros par tonne de CO₂, selon les fourchettes prévues par le règlement (UE) 2023/956, ce qui rend le risque de non conformité potentiellement plus coûteux que l’achat des certificats CBAM eux mêmes.
  • Les premières déclarations annuelles CBAM sont attendues en mai, ce qui laisse aux directions achats un délai limité pour fiabiliser leurs données d’émissions, structurer leur registre MACF et sécuriser leur statut de déclarant auprès de la Commission européenne.

FAQ sur le CBAM et l’impact carbone dans les achats et l’approvisionnement

Comment le CBAM modifie t il concrètement le coût d’approvisionnement des matières premières ?

Le CBAM ajoute au coût d’achat classique une composante carbone calculée à partir des émissions importées associées aux produits, valorisées au prix du marché carbone européen. Les importateurs doivent acheter des certificats CBAM correspondant à ces émissions, ce qui renchérit directement le prix des marchandises importées couvertes. Plus l’empreinte carbone du fournisseur est élevée ou mal documentée, plus le surcoût CBAM MACF impact achats approvisionnement sera important.

Quelles données les directions achats doivent elles collecter auprès des fournisseurs pour le CBAM ?

Les directions achats doivent obtenir des données d’émissions spécifiques par produit, idéalement vérifiées par un tiers, incluant les émissions directes et une partie des émissions indirectes liées à la production. Ces données doivent être fournies dans un format compatible avec le reporting CBAM et le registre MACF, afin de remplacer les valeurs par défaut souvent pénalisantes. La capacité à collecter des données fiables devient un critère clé de sélection et de pilotage des fournisseurs.

Comment intégrer le prix carbone CBAM dans le calcul du TCO achats ?

Le prix carbone CBAM doit être intégré comme une ligne de coût distincte dans le TCO, au même titre que les coûts logistiques, les droits de douane ou les risques de change. Il convient d’y ajouter les coûts de conformité, de reporting et de gestion des certificats MACF, ainsi que le risque financier lié aux amendes potentielles. Cette approche permet de comparer de manière réaliste les offres de fournisseurs européens et extra européens en tenant compte du CBAM MACF impact achats approvisionnement.

Le CBAM rend il les fournisseurs européens systématiquement plus compétitifs que les fournisseurs asiatiques ?

Le CBAM améliore la compétitivité relative des fournisseurs européens dans les secteurs couverts, mais ne les rend pas automatiquement moins chers que tous les fournisseurs asiatiques. Tout dépend du niveau d’émissions des sites de production, de la tarification carbone locale et de la capacité des fournisseurs à réduire leur empreinte carbone. Dans certains cas, des producteurs extra européens très performants sur le plan carbone peuvent rester compétitifs malgré le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

Quelles sont les priorités à court terme pour un responsable achats responsables face au CBAM ?

À court terme, les priorités sont de cartographier les flux de marchandises importées couvertes, d’identifier les fournisseurs les plus exposés, de sécuriser la collecte des données d’émissions et de structurer le processus de reporting CBAM. Il est également crucial de former les équipes achats aux mécanismes de prix carbone et de certificats CBAM, et de revoir les contrats pour intégrer des clauses spécifiques liées au CBAM MACF impact achats approvisionnement. Cette préparation conditionne la qualité de la première déclaration annuelle et la maîtrise des surcoûts carbone.