La souveraineté comme nouveau pivot stratégique des achats État
Le rapport DAE 2025 achats État souveraineté place clairement la souveraineté au même niveau que la performance économique. Avec 24,4 milliards d’euros d’achats de l’État et 413 millions d’euros d’économies, la Direction des achats de l’État (DAE) montre que la fonction achat peut concilier rigueur budgétaire, souveraineté et responsabilité environnementale. Pour un Procurement Operations Manager du privé, ce rapport DAE 2025 achats État souveraineté agit comme un stress test grandeur nature des futures attentes des pouvoirs adjudicateurs et des grands donneurs d’ordres.
Les achats de l’État se concentrent à 88 % sur cinq ministères, ce qui renforce l’effet de levier des politiques d’achats publics sur les marchés privés. Les segments immobilier et travaux (9,8 milliards d’euros), prestations et fournitures (4,6 milliards d’euros) et IT et télécoms (4,2 milliards d’euros) deviennent des laboratoires où la souveraineté, la défense et la sécurité sont intégrées dès la phase de définition du besoin. Dans ce contexte, le rapport DAE 2025 achats État souveraineté transforme chaque marché public en signal avancé pour les directions achats des entreprises exposées aux mêmes risques de dépendance.
La DAE rappelle que 80 % des marchés notifiés intègrent déjà un critère environnemental et 48 % un critère social, avec un objectif de 100 % de marchés publics comportant un critère environnemental à horizon réglementaire. Cette mise en œuvre progressive crée un nouveau cadre pour les acheteurs publics, mais aussi pour les acheteurs privés qui devront aligner leurs pratiques avant que les directives européennes et leur révision ne durcissent encore le droit applicable. Pour les directions achats, la souveraineté n’est plus un slogan politique mais une composante normale de la construction des politiques d’achat, au même titre que le TCO ou la gestion des risques fournisseurs.
De la souveraineté numérique à la préférence européenne : impacts opérationnels
Le rapport DAE 2025 achats État souveraineté consacre la souveraineté numérique comme axe structurant des achats IT et télécoms. Les pouvoirs adjudicateurs de l’État DAE, des ministères et des grandes collectivités territoriales renforcent leurs exigences sur la localisation des données, la maîtrise des infrastructures et la réversibilité contractuelle. Pour un Procurement Operations Manager, ces orientations sur la souveraineté numérique annoncent une montée en puissance des clauses de sécurité, de confidentialité et de défense et sécurité dans les cahiers des charges privés.
Les acheteurs publics sont incités à articuler les règles de droit de la commande publique avec les directives européennes et leur future révision des directives, afin de sécuriser une préférence européenne juridiquement robuste. Cette logique de principe de préférence, appliquée aux entreprises européennes, aux PME locales et aux small business innovants, va irriguer les panels fournisseurs du privé, notamment dans les segments critiques. Les directions achats devront arbitrer entre ouverture internationale des marchés et préférence européenne assumée, en s’appuyant sur une analyse fine des risques de dépendance et des coûts de reconfiguration des supply chains.
Dans les faits, la DAE pousse une mise en œuvre très opérationnelle de cette préférence, en travaillant sur des segments comme les logiciels, les services cloud, les équipements de réseau ou les solutions de cybersécurité. Les acheteurs de l’État exigent de plus en plus de transparence sur les chaînes de valeur, la gouvernance des données et la capacité des start ups et des PME à tenir la charge sur des marchés pluriannuels de plusieurs millions d’euros. Pour sécuriser vos propres opérations, un suivi de production en temps réel pour vos opérations achats, tel que décrit dans l’approche de suivi de production en temps réel pour sécuriser vos opérations achats, devient un levier clé pour piloter la performance fournisseurs dans ce nouveau cadre de souveraineté.
Transfert vers le privé : comment repositionner la fonction achat
Le rapport DAE 2025 achats État souveraineté envoie un message clair aux directions achats du privé : la souveraineté devient un KPI à part entière, au même titre que les économies ou les délais. Les 413 millions d’euros d’économies obtenus par les achats de l’État montrent qu’une politique de souveraineté bien conçue n’est pas incompatible avec la performance budgétaire. Pour un CPO, la question n’est plus de savoir si ces exigences des marchés publics vont se diffuser, mais comment adapter dès maintenant la fonction achat pour en tirer avantage.
Les entreprises qui travaillent déjà avec les marchés publics, les ministères ou les grandes collectivités territoriales voient monter les attentes en matière de responsabilité, de souveraineté et de traçabilité des données. Les acheteurs privés doivent donc anticiper la révision des directives européennes et l’extension de ces exigences aux marchés privés, en structurant leur stratégie par famille d’achats et en renforçant leur gouvernance fournisseurs. Un travail de category management structuré, tel que présenté dans l’approche de category management pour structurer sa stratégie par famille d’achats, devient indispensable pour prioriser les segments les plus exposés.
Dans ce contexte, la fonction achat doit articuler plusieurs objectifs : sécuriser les approvisionnements stratégiques, soutenir les PME, les small business et les start ups locales, et préserver la compétitivité globale de l’entreprise. Les directions achats devront intégrer dans leurs recommandations internes des critères de souveraineté, de préférence européenne et de soutien aux entreprises nationales, tout en pilotant finement le besoin en fonds de roulement grâce à une maîtrise du BFR normatif pour piloter le besoin en fonds de roulement. Les acheteurs, qu’ils soient publics ou privés, se retrouvent ainsi au cœur d’une mise en œuvre concrète de la souveraineté économique, où chaque marché, chaque achat public et chaque achat privé devient un acte de politique industrielle.
Références
Direction des achats de l’État (DAE) ; Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique ; Décision Achats.