Économie circulaire et achats : intégrer le réemploi dans vos cahiers des charges

Économie circulaire et achats : intégrer le réemploi dans vos cahiers des charges

29 juillet 2026 15 min de lecture
Comment intégrer concrètement le réemploi et les matières recyclées dans les cahiers des charges achats tout en respectant la loi AGEC, en maîtrisant le TCO et en s’appuyant sur des cas d’étude et retours d’expérience documentés.
Économie circulaire et achats : intégrer le réemploi dans vos cahiers des charges

Définir des achats circulaires au-delà du recyclage

Les achats circulaires commencent par une clarification sans ambiguïté des attentes. Pour un directeur achats, l’expression « économie circulaire achats réemploi cahier des charges » signifie articuler le réemploi, la réutilisation, la réparabilité et l’éco-conception dans chaque spécification, en cohérence avec la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi AGEC du 10 février 2020). Cette approche transforme les marchés publics et privés en leviers structurants, en intégrant des clauses opérationnelles sur les produits concernés, les matières recyclées et les services associés.

Dans cette logique, l’économie circulaire ne se limite pas au recyclage de quelques produits en fin de vie. Elle couvre le réemploi et la réutilisation intégrant des prestations de maintenance, de reconditionnement de matériel et de reprise, avec des obligations d’acquisition issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées clairement chiffrées dans le cahier des charges. À titre d’exemple, certaines collectivités fixent déjà un objectif de 20 à 30 % de mobilier de bureau de seconde vie sur leurs nouveaux aménagements, comme l’illustre le retour d’expérience de la Métropole de Lyon publié par l’Observatoire des achats responsables en 2022. Les acheteurs publics comme les directions achats d’entreprises privées doivent ainsi piloter la mise en œuvre de l’économie circulaire en alignant les pratiques internes avec la loi AGEC et ses décrets d’application, notamment ceux relatifs aux achats publics responsables.

Un guide interne des achats circulaires devient alors indispensable pour sécuriser la mise en œuvre de l’œuvre de la loi. Ce guide doit expliciter les catégories de produits concernées, la liste de produits issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées, ainsi que les niveaux d’exigence par famille d’achats et par marchés. Il facilite l’appropriation par les prescripteurs, les territoriales et groupements, tout en garantissant une application de la loi homogène dans l’ensemble des marchés publics et privés. Un tel référentiel permet aussi de documenter les gains obtenus, par exemple une réduction de 15 à 25 % du coût total de possession (TCO) sur certaines familles grâce au reconditionné, ordre de grandeur cohérent avec les études de l’ADEME sur le matériel informatique et le mobilier professionnel.

Catégories d’achats matures pour le réemploi et le reconditionné

Certains segments se prêtent particulièrement bien à l’économie circulaire dans les achats. Le mobilier de bureau, le matériel informatique reconditionné, les emballages industriels et les vêtements de travail offrent déjà des marchés structurés, avec des produits issus du réemploi et des matières recyclées disponibles en standard. Pour un responsable achats responsables, ces catégories de produits constituent un terrain idéal pour ancrer l’intégration du réemploi dans les cahiers des charges et démontrer rapidement des résultats tangibles.

Sur le mobilier, les clauses de réemploi et de réutilisation intégrant des prestations de remise en état sont désormais courantes dans les marchés publics. Les acheteurs publics peuvent exiger une part minimale d’acquisition issus du réemploi, préciser les matières recyclées dans les plateaux ou piètements, et encadrer la réparabilité par des durées de disponibilité des pièces, ce qui renforce l’application de la loi AGEC. Dans un projet de réaménagement de 500 postes de travail, une métropole a par exemple atteint 40 % de postes issus du réemploi, avec un TCO inférieur de 30 % par rapport à une solution 100 % neuve, selon un cas d’étude documenté par le Réseau des acheteurs hospitaliers en 2021. Les entreprises privées peuvent s’inspirer de ces pratiques pour structurer leurs propres marchés, en s’appuyant sur un guide interne et sur la finance durable pour objectiver le TCO, comme détaillé dans l’article sur la formation à la finance durable pour optimiser les achats responsables.

Le matériel informatique reconditionné illustre aussi la maturité de l’économie circulaire. Les cahiers des charges peuvent imposer des produits concernés issus du réemploi, avec des garanties équivalentes au neuf, des clauses de reprise et de réutilisation intégrant la gestion de fin de vie, ainsi que des exigences sur les matières recyclées dans les coques ou emballages. Cette approche permet de respecter la loi relative à la réduction des déchets, tout en optimisant le coût global et en préparant les organisations à une application de la loi toujours plus exigeante sur les marchés publics et privés. Dans certains appels d’offres, le recours à des ordinateurs portables reconditionnés a permis de réduire de moitié l’empreinte carbone par poste tout en générant jusqu’à 25 % d’économies sur le TCO, résultats en ligne avec les analyses publiées par l’ADEME et plusieurs opérateurs de reconditionnement en 2020–2022.

Rédiger un cahier des charges circulaire sans exclure le marché fournisseur

La difficulté majeure ne réside pas dans la volonté, mais dans la rédaction fine du cahier des charges. L’enjeu pour un directeur achats est de traduire l’ambition d’achats circulaires intégrant le réemploi en clauses opérationnelles, sans fermer le marché ni exclure des fournisseurs capables de progresser. Il s’agit de calibrer les obligations d’acquisition issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées en fonction de la maturité des marchés et des catégories de produits, en tenant compte des capacités industrielles réelles.

Une bonne pratique consiste à distinguer clairement les exigences minimales et les critères de performance évolutifs. Les clauses peuvent prévoir un socle obligatoire de réemploi réutilisation pour une part des produits concernés, complété par des critères de notation valorisant les offres intégrant davantage de matières recyclées ou de services de réutilisation intégrant la maintenance et la réparation. Cette logique permet de respecter l’application de la loi AGEC et de ses décrets, tout en laissant aux fournisseurs un espace pour adapter leur offre et investir dans des pratiques d’économie circulaire. Un exemple opérationnel de clause peut être formulé ainsi : « Le titulaire s’engage à proposer, pour au moins 25 % de la valeur du marché, des produits issus du réemploi ou intégrant un minimum de 30 % de matières recyclées, à caractéristiques techniques et fonctionnelles équivalentes. »

Pour sécuriser cette approche, l’évaluation fournisseurs doit dépasser les simples scorecards ESG standardisées. Les acheteurs publics et privés peuvent s’appuyer sur des outils d’analyse plus fins, comme ceux décrits dans la ressource dédiée à l’évaluation des fournisseurs stratégiques au-delà des scorecards ESG, afin de mesurer la capacité réelle des partenaires à livrer des produits issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées. Cette évaluation alimente ensuite la mise en œuvre de la loi relative à l’économie circulaire dans les marchés publics et privés, en renforçant la crédibilité des engagements pris dans les cahiers des charges et en facilitant le suivi des indicateurs de performance.

Lever les freins internes : qualité perçue, garanties et organisation

Les principaux obstacles à l’intégration du réemploi dans les cahiers des charges sont souvent internes. Les prescripteurs doutent de la qualité des produits issus du réemploi, les directions métiers s’inquiètent des garanties, et les équipes opérationnelles redoutent une complexification des marchés publics ou privés. Sans un travail de pédagogie structuré, la mise en œuvre de la loi AGEC et des obligations d’acquisition issus du réemploi reste partielle et les opportunités de réduction de coûts ou d’impact environnemental sont sous-exploitées.

Pour répondre à ces craintes, le cahier des charges doit traiter explicitement la question des garanties et de la performance. Les clauses peuvent imposer des durées de garantie identiques au neuf pour le matériel reconditionné, des engagements de disponibilité des pièces, et des indicateurs de qualité de service, tout en précisant les modalités de réutilisation intégrant la maintenance préventive et corrective. Cette approche rassure les prescripteurs, facilite l’application de la loi relative à l’économie circulaire, et démontre que les produits concernés issus du réemploi peuvent atteindre un niveau de performance équivalent. Dans la pratique, plusieurs organisations constatent des taux de panne comparables, voire inférieurs, lorsque le reconditionnement est réalisé par des filières professionnelles certifiées, comme le montrent les retours d’expérience consolidés par l’Institut de l’économie circulaire.

L’organisation doit aussi évoluer pour soutenir ces nouvelles pratiques. Un guide interne détaillant les catégories de produits, la liste de produits issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées, et les bonnes pratiques de rédaction des marchés devient un outil clé pour les acheteurs publics, les territoriales et groupements, ainsi que pour les directions achats privées. En parallèle, la gestion opérationnelle des approvisionnements doit être adaptée, comme le montre l’approche décrite sur la maîtrise de la gestion des approvisionnements pour renforcer la fonction achats, afin de sécuriser la disponibilité du matériel reconditionné et des matières recyclées sur toute la durée du marché. Des points de contrôle réguliers avec les fournisseurs permettent d’anticiper les tensions d’offre et d’ajuster les volumes de réemploi.

Réglementation, critère environnemental et TCO : transformer la contrainte en levier

Le cadre réglementaire accélère la bascule vers l’économie circulaire dans les achats. La loi AGEC, ses décrets d’application et l’obligation croissante d’intégrer un critère environnemental dans les marchés publics imposent aux acheteurs publics et privés de structurer l’économie circulaire achats réemploi cahier des charges de manière robuste. Cette dynamique s’inscrit dans une œuvre de loi plus large, qui renforce progressivement les obligations d’acquisition issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées pour de nombreuses catégories de produits, en cohérence avec les objectifs nationaux de réduction des déchets et de sobriété des ressources.

Plutôt que de subir ces obligations, les directions achats ont intérêt à les transformer en levier de performance économique. En raisonnant en coût total de possession, le TCO, les produits concernés issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées peuvent générer des économies substantielles sur la durée de vie, grâce à des coûts d’acquisition plus bas, une meilleure réparabilité et des services de réutilisation intégrant la maintenance. Sur certains segments, les retours d’expérience montrent des économies globales de 10 à 30 % sur la durée du contrat, fourchette confirmée par plusieurs études sectorielles publiées entre 2019 et 2022 sur les achats de mobilier et d’équipements informatiques. Cette approche suppose de fiabiliser les données, de suivre les gains sur la durée des marchés, et d’aligner les clauses contractuelles avec les objectifs de performance économique et environnementale.

Les groupements d’achats et les entités territoriales jouent un rôle clé dans cette transformation. En mutualisant les besoins, ils peuvent structurer des marchés publics plus ambitieux sur l’économie circulaire, avec des volumes suffisants pour sécuriser l’offre en produits issus du réemploi et en matières recyclées, tout en facilitant l’application de la loi relative à l’économie circulaire. Pour les directeurs achats, l’enjeu est alors de piloter cette mise en œuvre de manière cohérente sur l’ensemble des marchés, en s’appuyant sur un guide interne, des pratiques partagées et une gouvernance claire entre acheteurs publics, prescripteurs et fournisseurs. Une feuille de route pluriannuelle, assortie d’objectifs chiffrés par famille d’achats, permet de suivre la progression et d’ajuster le niveau d’exigence.

Structurer la gouvernance achats pour une économie circulaire durable

Inscrire durablement l’économie circulaire achats réemploi cahier des charges dans la fonction achats nécessite une gouvernance claire. Les directions achats doivent définir des rôles précis entre acheteurs publics, responsables RSE, prescripteurs métiers et territoriales ou groupements, afin de garantir une mise en œuvre homogène de la loi AGEC et de ses décrets. Cette gouvernance doit couvrir la définition des catégories de produits, la liste de produits issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées, ainsi que le suivi des obligations d’acquisition et des indicateurs de performance associés.

Un comité achats responsables peut piloter cette transformation de manière transverse. Il valide le guide interne, arbitre les niveaux d’exigence par famille d’achats, suit l’application de la loi relative à l’économie circulaire dans les marchés publics et privés, et mesure les résultats en termes de TCO, de performance environnementale et de satisfaction des prescripteurs. Ce comité devient aussi l’instance de dialogue avec les fournisseurs, pour co-construire des offres intégrant davantage de réemploi, de réutilisation et de matières recyclées dans les produits concernés, et pour partager les retours d’expérience sur les clauses les plus efficaces.

La professionnalisation des équipes achats sur ces sujets est enfin déterminante. Formations, retours d’expérience et benchmarks entre pairs permettent de diffuser les meilleures pratiques de rédaction de cahiers des charges, de clauses de réemploi réutilisation et de suivi de la performance des marchés. En ancrant ces pratiques dans la durée, les directeurs achats transforment la contrainte réglementaire en avantage compétitif, tout en contribuant concrètement à l’économie circulaire et à la réduction de l’empreinte environnementale des organisations. Une courte checklist interne, rappelant les points clés à vérifier avant chaque lancement de marché, facilite l’appropriation au quotidien : identification des familles adaptées au réemploi, définition d’un pourcentage cible de produits de seconde vie, vérification des garanties, intégration d’indicateurs de suivi et validation par le comité achats responsables.

FAQ sur l’intégration du réemploi dans les cahiers des charges

Comment identifier les catégories de produits les plus adaptées au réemploi ?

Les catégories de produits les plus adaptées au réemploi sont celles où l’offre est déjà structurée et où la valeur résiduelle des biens est significative. Le mobilier de bureau, le matériel informatique, les emballages industriels et les vêtements de travail sont des segments prioritaires, car ils disposent de filières de reconditionnement et de matières recyclées matures. Une analyse de portefeuille achats permet de repérer ces familles et de définir des objectifs d’acquisition issus du réemploi réalistes, par exemple en visant d’abord 10 à 20 % de volumes concernés avant de monter progressivement le niveau d’exigence.

Quelles clauses intégrer pour sécuriser la qualité des produits reconditionnés ?

Pour sécuriser la qualité, les clauses doivent couvrir la durée de garantie, la disponibilité des pièces détachées, les niveaux de service et les indicateurs de performance. Il est pertinent d’exiger des garanties équivalentes au neuf, des engagements de taux de panne maximum et des délais d’intervention clairs pour la maintenance. Ces éléments rassurent les prescripteurs et démontrent que les produits issus du réemploi peuvent répondre aux mêmes standards que les produits neufs. Il est également utile de prévoir des audits ou contrôles qualité en cours de marché pour vérifier le respect des engagements.

Comment concilier économie circulaire et performance économique sur le TCO ?

La conciliation passe par une analyse en coût total de possession plutôt qu’en simple prix d’achat. Les produits issus du réemploi ou intégrant des matières recyclées peuvent réduire les coûts d’acquisition, mais aussi les coûts de maintenance et de fin de vie grâce à une meilleure réparabilité et à des services de reprise. En suivant ces coûts sur la durée du marché, les directions achats peuvent objectiver les gains économiques liés à l’économie circulaire. Dans de nombreux cas, les économies réalisées sur le TCO compensent largement les éventuels surcoûts liés à des exigences environnementales plus élevées.

Quel rôle jouent les acheteurs publics dans la diffusion des pratiques d’économie circulaire ?

Les acheteurs publics ont un rôle moteur, car la réglementation leur impose des obligations d’acquisition issus du réemploi et d’intégration de critères environnementaux dans les marchés publics. En structurant des cahiers des charges exigeants mais réalistes, ils créent un effet d’entraînement sur l’ensemble du marché fournisseur. Les entreprises privées peuvent ensuite s’inspirer de ces pratiques pour leurs propres marchés, en adaptant les niveaux d’exigence à leur contexte. Les retours d’expérience des collectivités pionnières constituent une source précieuse pour accélérer cette diffusion.

Comment accompagner les prescripteurs internes dans cette transformation ?

L’accompagnement des prescripteurs repose sur trois leviers complémentaires. Un guide interne clair, des formations ciblées et des retours d’expérience concrets permettent de lever les freins liés à la qualité perçue, aux garanties et à la complexité supposée des marchés. En impliquant les prescripteurs dès la définition des besoins et des cahiers des charges, les directions achats facilitent l’appropriation de l’économie circulaire et du réemploi au quotidien. Des outils simples, comme une fiche réflexe « à appliquer dès aujourd’hui » rappelant les bonnes pratiques de réemploi par famille d’achats, renforcent encore cette dynamique.